CANICULE : la poste enfin au service du public ?
26/06/2026Lors de la crise de la COVID, l’État avait mis en avant tout un tas de métier dont les postier·e·s. Avec la canicule, ce dernier se rappelle que les postier·e·s existent et leur demande d’aller « veiller » sur les plus âgés. Cette proposition est mise en avant sans préparation et ce sont donc encore les postier·e·s qui vont trinquer, car sans recrutement significatif c’est aussi le service aux usagers qui en subira les conséquences. Alors que les postier•e•s travaillent à flux tendu, leur ajouter cette mission est catastrophique. Le comble de cette annonce c’est que les facteurs et factrices profitaient déjà de la distribution du courrier pour prendre des nouvelles des personnes. Mais la direction dans sa course folle à la productivité leur a inter- dit de le faire définissant cela comme du « temps parasite ». Cette annonce relève donc de la provocation. Dans ces conditions, exercer cette mission va aggraver les conditions de travail des facteurs déjà très dégradées avec l’épisode de canicule.
L’État est donc un employeur comme un autre et en tant qu’actionnaire ne traite pas les postier·e·s à la hauteur des enjeux climatiques : température dépassant les 35 degrés sur certains plateaux assurant l’accueil au 3639, bureaux de poste non climatisés, véhicule de factrices et facteurs devenant de vrais fours...Il a fallu le dépôt de Danger Grave Imminent et l’intervention de Sud PTT, la plupart du temps, pour avoir une réaction de la direction. Sans parler des augmentations au ras des pâquerettes qui ne permettent pas au postier·e•s de se munir d’un simple rafraichisseur d’air.
Si l’État veut que nous soyons à la pointe de la lutte contre les conséquences du réchauffement climatique, il devra aussi agir sur les missions de service public. C’est le même gouvernement qui contribue à réduire le maillage postal et à diminuer le passage des factrices et facteurs. Comment demander à ces dernier.e.s de passer pour prendre des nouvelles de nos anciens alors que l’on supprime chaque années des milliers de postes ?
Alors que le contrat de présence postale est en discussion que les compensations de mission de service public baissent d’année en année cette annonce de Sébastien Lecornu tient plus de la démagogie que d’une réelle vision du service public.
Sud PTT demande une grande consultation de la population sur l’avenir du service public postal et de ses missions. La Poste et son réseau restent essentiels, la période le montre, mais cela mérite plus que des effets d’annonce.
Sud PTT exige un plan de recrutement massif pour exercer ces missions et
le comblement des dizaines de milliers de postes supprimés depuis 10 ans

