Vive la grève en Guadeloupe ! A bas les discriminations ! A bas la répression !

Le lundi 22 novembre Emmanuel Macron déclarait à propos de la situation sociale en Guadeloupe : « On ne peut pas utiliser la santé des Françaises et des Français pour mener des combats politiques » et « il faut que l’ordre public soit maintenu ». En deux phrases il parvenait à faire l’illustration du mépris de l’Etat et de sa volonté de réprimer la grève et des manifestations engagées depuis plus d’une semaine.

Le gouvernement veut réduire la mobilisation à un simple mouvement contre la vaccination, camoufler la profondeur de la crise et les revendications au cœur de l’explosion sociale. Loin de se résumer aux questions sanitaires, le mouvement est l’expression d’une légitime colère contre les discriminations dont sont victimes les guadeloupéen·e·s, l’état des services publics ou les mensonges d’Etat concernant le chlordécone. Ces mensonges ne sont d’ailleurs pas pour rien dans la méfiance d’une partie de la population vis-à-vis de la vaccination. Pour Sud PTT, le fait que le vaccin soit un moyen efficace de lutter contre le Covid-19 ne légitime en rien de l’imposer de manière autoritaire. La « situation particulière » des DOM n’est particulière que dans le sens où un traitement différencié est fait à ses habitants et où les politiques menées sont encore marquées par une attitude colonialiste.

L’état des hôpitaux, des infrastructures publiques, le taux de chômage deux fois supérieur à celui de la métropole ne sont pas le résultats d’une « manipulation » mais des faits concrets que subissent nos camarades en lutte aujourd’hui. La trahison des promesses faites après les grèves de 2009 sont aussi un facteur d’explication de l’explosion actuelle.
Ce sont aujourd’hui pour beaucoup les jeunes qui tiennent les barrages en Guadeloupe, l’ensemble des organisations à l’appel du mouvement en font le constat. Cette jeunesse n’est pas animée par la volonté de piller ou de bruler, comme on entend beaucoup trop en métropole, mais par une volonté de sortir du chômage, de la vie chère et de la Pwofitasyon.

A La Poste , depuis quelques mois et malgré la situation sociale, la direction choisi de passer en force pour fermer des bureaux et supprimer des emplois. Elle en a supprimé près de 50 sur l’île dans le cours de l’année 2021 et ne compte pas s’arrêter là. Cette situation se répète d’ailleurs partout dans les Ca- raïbes, en Guyane ou à la Réunion. S’il fallait illustrer par un exemple ce que veux dire discrimination on pourrait citer le prix des colis en partance ou à destination des DOM qui vient encore d’augmenter et qui peut atteindre le double, voire le triple, de celui pratiqué en métropole. Un lillois accepterait-il de payer plus cher son colis pour Marseille que celui pour Lens ? Non, car c’est l’essence de l’égalité d’accès au service public.

La fédération Sud PTT affirme son soutien aux camarades en lutte en Guadeloupe et condamne l’usage de la force contre les grévistes et la population dans son ensemble. Une grève illimitée a débuté hier en Martinique et le mouvement pourrait s’étendre dans plusieurs départements d’Outre-mer. Pour Sud PTT ces luttes, si elles ont leurs spécificités, sont un exemple pour toutes et tous les travailleuses et travail- leurs qui subissent les politiques de casse sociale en cours depuis des années.

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Nos camarades ont déjà été sous le coup de sanctions disciplinaires et discriminatoires (mises à pied sans salaire, avertissement, blâme…) La direction persiste et signe. Nos camarades sont de nouveau frappés par de nouvelles sanctions. Les élections CSE dès la rentrée sont un motif de plus pour cette direction de vouloir faire taire à tout prix ces militants SUD. Tous les moyens leurs sont bons pour tenter d’éliminer SUD lors de ces prochaines élections.