Nouvelles organisations "sanitaires" : la pomme empoisonnée de La Poste.

A LA DISTRIBUTION

Les nouvelles organisations du travail à 35 heures et un samedi sur 4 à la distri paraissent presque anodines pour un certain nombre de collègues. Pourtant, dans plusieurs départements, des CHSCT ont voté des expertises sur ces nouvelles organisations et ont donc obligé La Poste à rester sur les organisations à 4 jours.
On aurait pu en rester là mais ces expertises ont provoqué la colère de cadres, des menaces et parfois même des expressions réclamant de travailler 5 jours (!?) au lieu de 4.

Alors que la pandémie de Covid n’est pas terminée nos représentant·e·s sont là pour rappeler une chose essentielle : le droit du travail existe toujours. Il est ainsi possible en cas de projet important de recourir à un expert indépendant et extérieur à l’entreprise. La Poste n’aime pas que des gens extérieurs à l’entreprise mettent leurs nez dans ses affaires internes, c’est pourquoi elle réagit violemment.

Des pressions inadmissibles des directions locales

• Dans le Gard : dans plusieurs établissements, la direction demande aux agents qui reprennent le travail de signer un document dans lequel ils approuvent les organisations à 35 heures.

• Dans l’Hérault : des cadres insultent quasiment des représentants SUD et racontent aux postier·e·s que les CDD et intérimaires ne seront pas renouvelés si les CHSCT maintiennent leurs expertises.

• Dans les Hauts-de-Seine : la direction fait tourner un « sondage » à Rueil pour défendre le régime à 5 jours. Après une intervention syndicale, les agents comprennent que la direction raconte n’importe quoi.

• En Gironde, endroit où le syndicat SUD a gagné deux fois devant les tribunaux (!), la direction menace de faire travailler les factrices et facteurs sur les anciens régimes, ce qui provoque des tensions envers celles et ceux qui ont défendu l’intérêt des travailleurs en l’occurence, les membres des CHSCT. On croit rêver ! La direction perd devant un tribunal et elle continue comme si de rien n’était, intox et menaces en plus.

Plus de 25 CHSCT ont décidé d’avoir recours à un cabinet d’expertise et c’est une très bonne nouvelle qui rend nos patrons agressifs. La boîte a peur que les futurs rapports mettent en lumière les motivations purement mercantiles de la Poste alors que l’épidémie n’est pas terminée.

La « nouvelle organisation » a déjà des conséquences

On ne sait pas a quel moment les organisations « spéciales crise sanitaires » disparaîtront car la direction s’est bien gardée de dire à quel moment elles reviendront « à la normale » mais on peut d’ores et déjà avoir une vision des conséquences qu’elles ont ou risquent d’avoir :

Premières victimes : les emplois, les CDD et intérimaires

Partout en France, ou quasiment, le nombre de CDD et d’intérimaires baisse de façon impressionnante. Des centaines, voire des milliers de postier·e·s vont se retrouver au chômage à court terme et cela n’a rien à voir avec les syndicats. C’est un choix de la direction, un choix délibéré et brutal.
Bientôt, sous couvert de baisse du courrier, les emplois permanents seront attaqués à leur tour.

Deuxième effet kiskool, début de la fin des ventes de quartiers.

Pour le moment, pas de nouvelle de la boite sur le thème. Et pour cause, elle ne compte pas mettre en place de vente de quartier tant que la crise sanitaire dure. En d’autres termes, c’est un danger grave et imminent pour les ventes et à terme pour la notion de titulaire de quartier. Cela fait tellement de temps que la direction voulait des rouleurs partout qu’elle risque de ne pas rater cette occasion tombée du ciel gouvernemental.

Un samedi sur quatre, la pomme empoisonnée.

Soyons clair SUD revendique que tant que la crise dure, il n’y ait pas un samedi travaillé et que les postier·e·s soient préservé·e·s au maximum du virus qui guette encore. Nous sommes cependant bien conscients que le travail un samedi sur quatre, en faisant l’économie du rallongement parfois démentiel des tournées, plaît à nombre de factrices et facteurs comparé aux régimes d’avant crise. Mais voila, nous sommes encore dans la crise et il ne faut pas l’oublier.
De plus la direction zappe le courrier le samedi et ce n’est pas anodin. C’est un axe qu’elle entend défendre pour le futur : un nombre de jours de distribution en diminution. Si elle arrive à mettre en place cette organisation de façon pérenne cela va produire un effet dévastateur sur les emplois et le nombre de tournée.

Vous reprendrez bien un peu de sécable ?

Super la nouvelle organisation ! Dans des centaines de bureaux c’est sécable à gogo ! C’est la crise et donc on doit nécessairement augmenter les jours de sécable, on oubli le moment où on avait défini des périodes ou un nombre de jours bien précis. Encore une fois, c’est l’emploi et les conditions de travail qui vont manger. Si ce n’est pas maintenant, c’est bientôt.

L’offensive menée par la Poste est bien générale et touche tous les établissement. L’ argumentation selon laquelle le vote des expertises aggraverait les conditions de travail est de la pure propagande car nous sommes bien confrontés à une réorganisation nationale qui s’applique partout. La réalité est simple : dans sa quête de toujours plus de rentabilité La Poste ira aussi loin que le rapport de force lui permet.

ET LES SALAIRES ? ET LA PRIME ?

Pour nous récompenser d’avoir été « exemplaires » le PDG sait faire, il nous paye de mots. Pour l’argent, on verra plus tard ou plutôt jamais. Pourtant, au minimum, il nous faudrait la prime de 1000 euros dont a parlé l’État, un des actionnaires principaux du groupe. A part les chefs d’établissements qui viennent d’obtenir une prime annuelle de 3000 euros, qui a vu la queue d’un centime ? Personne et c’est scandaleux.

Nous avons le même adversaire, la direction et ses amis du Medef

Lorsque la CGT de Renault Sandouville a fait condamner son entreprise qui ne respectait pas les règles sanitaires on a vu une partie de la presse, le gouvernement et même quelques syndicats hurler au scandale. A La Poste on a assisté à l’orchestration de la même chanson lorsque des expertises ont été voté sous prétexte que les syndicats nuiraient à l’entreprise. Ne nous laissons pas berner par ces gens qui n’ont qu’un objectif : casser l’emploi pour faire le plus de blé possible.

AU RESEAU

La direction du Réseau avait annoncé un retour progressif aux 35H pour
les Chargé·es de clientèle. Dans les faits, ce retour est plus radical, les bureaux doivent rouvrir coûte que coûte. Et surtout l’activité commerciale doit reprendre sans délai ! La santé du personnel passe au second plan. “L’après” se prépare, et la période semble propice à tester de nouvelles organisations... au détriment des postier·es !

Un retour aux 35 H... progressif ?

La direction du Réseau annonçait un retour progressif aux 35 H pour toutes et tous à partir du 11 mai. En réalité dans de très nombreux Secteurs les agents sont repassés à 35 H dès cette semaine, sans pour autant revenir au cadre d’organisation d’avant crise. Cela veut dire moins de repos, parfois seulement une demi-journée par semaine, voire plus du tout ! Cela veut dire plus d’expositions au virus, mais aussi plus de fatigue, des conséquences très éloignées des priorités de la direction !

Réouverture des bureaux

L’objectif est ambitieux : la réouverture de tous les bureaux d’ici à la fin du mois de mai. On pourrait y voir une prise de conscience soudaine de l’importance d’un maillage territorial, pour un meilleur service postal... En réalité, il s’agit surtout de pouvoir afficher un taux d’ouverture proche de 100 %, uniquement pour la communication ! S’il y a bien des bureaux qui rouvrent, c’est souvent de façon très ponctuelle, parfois seulement quelques heures dans la semaine. Si cela est suffisant pour l’affichage, le compte n’y est pas, ni pour les usagers ni pour les agents.

Ces ouvertures ponctuelles vont engendrer de nombreuses insatisfactions, et donc accroître les incivilités et agressions. D’autant que la “synergie” Réseau/Courrier est loin d’être optimale, ce qui ne fait qu’exacerber les tensions !

Santé-Sécurité, pas la priorité !

Bien que la direction claironne régulièrement que la santé et la sécurité des postier·es restent sa priorité, elle ne le démontre pas et ils-elles ne le ressentent pas vraiment !
Les instances représentatives du personnel comme le CHSCT ont été traitées comme des paillassons. Pendant toute cette période et encore maintenant, la direction a voulu en faire des chambres d’enregistrements, refusant de faire un travail sérieux avec les représentant·es du personnel en matière d’évaluation des risques professionnels et conformément à la décision du tribunal de Paris du 9 avril. Allant même jusqu’à refuser une enquête CHSCT après le décès des suites du COVID d’un CSI en Ile de France.
L’augmentation du temps de travail engendre énormément de fatigue et rend de fait les collègues plus vulnérables face au virus.
Les cas de suspicions se multiplient dans les bureaux, mais la mise en quatorzaine n’est plus d’actualité puisque le travail en brigade a généralement disparu. Aucune ou peu de considération des réalités locales : les bureaux rouvrent sans tenir compte des mesures barrières souvent impossibles dans des espaces particulièrement exiguës.
Les incivilités et agressions atteignent des records, alors que la présence des agents de sécurité est remise en cause par la direction.Il est très clair que pour cette dernière il n’y a qu’une seule priorité : la reprise des activités commerciales, accompagnée des pressions, objectifs et briefs !

Dégel des réorgs !

Si quelques DR trop zélées ont déjà tenté de reprendre les réorgs mises en pause durant la période, la direction nationale du Réseau a confirmé qu’elles restaient en standby... jusque fin juin !

Mais ne nous leurrons pas, la période que nous traversons sert de test grandeur nature pour les organisations futures. En effet, tout ceci ressemble à s’y méprendre au projet expérimenté depuis plus d’un an dans différentes DR, sous le nom de GeRS/Agil. Derrière ce nom se cache une adaptation permanente de l’organisation du travail en fonction des forces de travail disponibles. Exit donc le délai entre deux réorganisations, les agents vont devoir être très agiles pour s’adapter !

Toujours dans le registre des tests et expérimentations en tout genre, il y a fort à parier que les ouvertures de bureaux en format “permanence”, quelques heures par semaine, en fassent partie. Ce qui présage de nouvelles fermetures de bureaux, définitives cette fois, qui détruiront toujours plus d’emplois...

SUD REVENDIQUE :


- Embauche des précaires !
- Prime de 1000 euros pour toutes et tous !
- Arrêt des réorganisations, 4 jours de distribution tant que le virus est là !
- Maintien du temps de travail à 28H pour garantir le repos nécessaire et garantir la santé des collègues.
- Gel des réorganisations, objectifs commerciaux, feuilles de route et autres attendus minimum pour toute l’année 2020.

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Repris de justice postale - Délit d’action syndicale

Nos camarades ont déjà été sous le coup de sanctions disciplinaires et discriminatoires (mises à pied sans salaire, avertissement, blâme…) La direction persiste et signe. Nos camarades sont de nouveau frappés par de nouvelles sanctions. Les élections CSE dès la rentrée sont un motif de plus pour cette direction de vouloir faire taire à tout prix ces militants SUD. Tous les moyens leurs sont bons pour tenter d’éliminer SUD lors de ces prochaines élections.