Réseaux sociaux : l’État prépare la coupure, les opérateurs Telecom ne doivent pas devenir l’instrument de la censure !
30/10/2026SUD-PTT dénonce une atteinte grave aux libertés publiques et exige des garanties sur le rôle d’Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free.
Le courrier adressé le 22 octobre 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu aux dirigeant·es d’Orange, de Bouygues Telecom, de Free et de SFR révèle une démarche particulièrement inquiétante : préparer techniquement la suspension de l’accès à Snapchat, TikTok et Instagram, afin de pouvoir les bloquer en quelques heures en cas de mouvements sociaux. Au nom du pseudo maintien de l’ordre, le gouvernement demande aux opérateurs d’anticiper une restriction de l’accès à des services utilisés quotidiennement par des millions de personnes. Il leur demande également de garder confidentielle la préparation de cette mesure.
Pour SUD-PTT, cette démarche constitue une tentative de censure d’État qui ne peut pas être banalisée.
Les réseaux sociaux ne servent pas uniquement à diffuser des contenus illicites ou à organiser des actes délictueux. Ils permettent surtout de s’informer, de communiquer, de témoigner, de documenter des événements et de rendre visibles des situations que les médias ne couvrent pas toujours.
Envisager de couper l’accès à ces services dans un contexte de mobilisation sociale revient à prendre le risque de priver des millions depersonnes de leurs moyens d’expression et d’information et constitue une restriction collective
des libertés numériques.
Une décision politique ne peut pas se substituer au droit.
Le courrier renvoie à une réunion ultérieure pour préciser les conditions juridiques de la mesure. Il demande pourtant aux opérateurs de préparer sa mise en œuvre immédiate, avant même que son cadre juridique soit défini.
Or le Conseil d’État a rappelé, dans sa décision du 1er avril 2025 relative au blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie, que de telles restrictions sont soumises à des conditions strictes de nécessité, de proportionnalité et de durée. L’urgence invoquée par le gouvernement ne peut pas dispenser l’État de respecter les droits fondamentaux. Nous refusons que la possibilité technique de couper un service devienne, à elle seule, une justification suffisante pour le faire.
Les opérateurs de télécommunications ne sont pas le ministère de la censure !
En sollicitant directement les quatre opérateurs, le gouvernement les place au cœur d’un dispositif de restriction de la communication publique.
Leurs salarié·es font vivre des réseaux essentiels à la société. Ils les maintiennent, les sécurisent et assurent la continuité des communications. Leur travail ne doit pas être détourné pour mettre en œuvre des mesures portant atteinte aux libertés.
Les directions interpellées par le gouvernement doivent expliquer quelle position elles ont défendue et quelles réserves elles ont formulées.

