471 bureaux de poste ferment en 2026... Pas possible de laisser faire !
24/09/2026La mise en place des CSE à La Poste nous a permis, à cause des impacts sur les personnels de la branche réseau, d‘obtenir une liste des bureaux de poste qui vont fermer sur 2026. Une étape de plus dans la déconnexion de La Poste par rapport aux besoins de la population. On dénombre ainsi 471 bureaux de poste de plein exercice qui vont „évoluer“ vers une agence postale communale ou un relais poste commerçant. la carte ici A peine une dizaine d‘opérations seront possibles dans ces ersatz, rien de bancaire en tous cas à part du cash en dépannage. Le CSE de la région SUD -EST vient d‘ailleurs de voter une expertise sur les impacts en termes d’emploi de la fermeture de 147 bureaux.
Un spirale aux conséquences funestes
En 20 ans (2005 - 2025), La Poste a fermé 6881 bureaux de poste, soit une moyenne de 344 par an. Fermer un établissement est une occasion pour La Poste de se débarrasser d‘une charge d‘environ 50 K€/an (sur la base d‘un agent seul avec ses locaux et son matériel) transférée au budget de l‘État pour payer les agences postales communales (102 M€ / an en 2025) et les Relais Poste Commerçant (8 M€/an). C‘est en effet une niche fiscale qui exonère La Poste de 90% de la taxe d‘habitation de ses locaux, allouée à l‘origine pour l‘entretien du réseau de bureaux de poste. Le fonds a été détourné pour dédommager les APC et RPC. Pour La Poste c‘est tout bénef avec une économie moyenne de 17 M€/an en liquidant ses bureaux de Poste tout en refilant la charge à la dépense publique. Peu d‘élu·es locaux sont au courant de cette entourloupe puisqu‘il n‘y a pas d‘impact direct sur les impôts de la commune. Les inconvénients divers, en particulier l‘allongement des trajets, les difficultés des clientèles défavorisées, des TPE et PME locales pour accéder aux services postaux ne rentrent jamais dans le logiciel de La Poste qui se base sur la surface financièrede la clientèle de la Banque Postale pour faire tomber le couperet.Pour SUD PTT cette situation altère profondément le sens d‘une mission de service public très importante en termes d‘aménagement de territoire et de maintien de liens alliant égalité de traitement et confiance. Il y a des attentes fortes sur l‘évolution des services publics et cela pèse au moment du passage devant les urnes. L‘altération des services publics est d‘ailleurs l‘une des origines du basculement vers le vote extrême droite induit par les sentiments d‘abandon et d‘injustice qui frappent les zones rurales comme les quartiers populaires.
Réallouer les moyens, reprendre la main sur les décisions
Affichant un bénéfice d‘1,2 Md€ pour 2025 l‘entreprise à capitaux 100% publics refuse de redistribuer ces profits équitablement dans les termes du cahier des charges abrogé en 2010 lors du passage en SA qui répartissait les gains de productivité entre les investissements futurs, l‘amélioration de la qualité de service et de l‘offre et l’amélioration des rémunérations et des conditions de travail du personnel.Le sujet de la démocratisation des prises de décision sur les services publics prend ici toute son importance. La loi postale exclut toute participation de la société civile (syndicats de travailleurs, de professionnels, associations d‘usagers) dans la prise de décision et surtout renvoie les arbitrages au seul maire des communes. Les directions de la Banque Postale et du réseau gardent la main en toute opacité sur la présence postale avec la complicité acquise depuis de nombreuses années du bureau de l‘Association des Maires de France qui valide le contrat de présence postale territoriale. Pour SUD PTT, l‘avenir des services publics est un sujet trop sérieux pour laisser la bride sur le cou au gouvernement. Il faut dimensionner l‘offre en partant des besoins, c‘est le B-A BA du service public.

