Le conseil d’administration de fin février a permis de présenter les comptes de 2025. Si les résultats sont en demi-teinte, ces derniers sont loin d’être si catastrophiques que certains cadres de La Poste voudraient nous le faire croire. Ils permettraient même un partage des richesses qui ne se résume à un versement aléatoire de l’intéressement.
Des résultats en baisse. Oui, mais...
Les différentes communications dans l’entreprise tendent à nous faire croire que les comptes ne sont pas si bons que cela. Est-ce une manière pour eux de nous faire avaler les réorganisations successives ?
En réalité, bien que le chiffre d’affaires soit resté stable, les résultats à périmètre constant sont tout aussi bons, voire même meilleurs, dans certaines branches. Le résultat d’exploitation augmente de 6 % et le résultat net de 26 %. Les postier·e·s ont trimé et pour l’instant, seuls les actionnaires et la direction engrangent !
Sur certaines branches, c’est encore mieux
Même si le résultat d’exploitation de la Branche courrier est toujours négatif, il augmente de près de 40 % ; celui de la BGPN, à périmètre constant, augmente de 6 %, le PNB de la banque augmente de 7 %. Seul GEOPOST se paye une gamelle qui plombe les comptes avec une baisse du résultat net de 164 %.
Enfin, il faut rappeler que la sous-compensation des missions de service public entraine une ardoise de quasiment 500 millions d’euros sur les comptes du groupe.
Il apparaît donc que de l’argent peut être dégagé sous deux conditions. Que les missions soient justement compensées et que les bénéfices aillent aussi au personnel et pas seulement sous la forme d’un bonus qui, rappelons-le, a baissé de près de 25 % cette année.
De l’argent pour les postier•e•s
Quand on regarde bien, il y a donc une marge pour que nous soyons justement rémunérés. Alors que des emplois sont supprimés et qu’on nous demande plus de productivité, l’augmentation de nos salaires cette année ne sera que de 0,7 %. Pas de quoi pavoiser alors que nos patrons pleurent qu’ils n’ont plus d’argent.
Mais regardons quelques chiffres
La masse salariale de l’entreprise a augmenté en une année de 20 millions d’euros. Alors qu’une enveloppe de 80 millions d’euros devait servir aux augmentations salariales. Où sont passés les 60 millions d’euros, ce qui correspondrait sur la maison mère à 375 euros de plus par an ?
La rémunération des administrateurs du groupe (sauf pour les administrateurs/trices salarié·e·s) serait augmentée de 134%. Soit deux fois le salaire moyen d’un•e postier·e
Le résultat net a baissé de 14 % et notre intéressement de 26 %
La présidente de La Poste fait valider par le conseil d’administration (seul SUD a voté contre) une jolie indemnité de départ en cas de mandat écourté.
Quand on ajoute tous ses éléments, on s’aperçoit que la direction fait des choix clairs. Plus d’argent pour le conseil d’administration et la direction et pas grand-chose pour le personnel qui trime tous les jours, à part des remerciements qui ne remplissent pas les frigos.
Pour l’élu au conseil d’administration, d’autres choix sont possibles pour un vrai partage des richesses, mais il faudrait pour cela que l’ensemble des administrateurs/trices rament dans le même sens ce qui est loin d’être le cas.
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