STIF : le couac de Jean Paul Huchon

1er août 2012

Le syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), à l’occasion d’un renouvellement d’appel d’offre, valide une délocalisation de 80 emplois de téléopérateurs au Maroc.

Jean-Paul Huchon, président socialiste du Conseil régional Ile-de-France, justifie son choix pour l’offre la moins chère.
Le ministre du redressement productif, Arnaud de Montebourg , lui a fait revoir cette décision.

A peine quelques semaines après les déclarations fracassantes du ministre Montebourg contre les délocalisations des centres d’appel, on apprend vendredi dernier que le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon, délocalisait un service d’assistance téléphonique : dès le 1er février 2013, tous les appels destinés à l’Agence Solidarité Transport qui renseigne les bénéficiaires du RSA ou de la CMU sur leurs droits dans les transports, seront traités au Maroc.

Deux centres d’appel de WebHelp étaient menacés à Fontenay-le-Comte (Vendée) et à Saint-Avold (Meurthe et Moselle), avec 80 emplois à la clé : « Nous n’avons pas d’autre solution que d’envisager un plan social », déclare la main sur le coeur le coprésident de WebHelp pour « compenser les 2 à 3 M€ de chiffre d’affaires que générait cette activité chaque année ». Il réclame donc la révision de l’appel d’offre pour « des critères d’intérêt général, tel que la sauvegarde de l’emploi... » On se frotte les oreilles quand on entend de tels propos de la part d’un patron qui a déjà délocalisé 7.000 emplois sur 10.000 !

Coté socialiste, c’est la cacophonie : Jean-Paul Huchon se réfugie derrière le renouvellement d’un appel d’offre, tandis qu’ Arnaud Montebourg l’apostrophe sur Europe 1 pour « reconsidérer la décision en remettant l’appel d’offres sur le métier ».

Au final, les 80 salarié-es concerné-es seront rassuré-es : c’est Montebourg qui va gagner la partie en faisant revenir rapidement le STIF sur sa décision. Mais la question des « appels d’offre » et de la responsabilité sociale des donneurs d’ordre vis à vis de la sous-traitance reste entière : le gouvernement devra vite légiférer !

Pour SUD, cette délocalisation devait être annulée pour ce qu’elle représente, une politique de dumping social et un véritable jeu de massacre contre les emplois... Elle était inacceptable et le gouvernement a eu raison de faire rapidement revenir le STIF sur sa décision !
Plus généralement, il faut contraindre les « donneurs d’ordre », particulièrement publics mais aussi privés, à engager leur responsabilité dans les conditions sociales des contrats de sous-traitance.

Notre tract ci-contre avec un encarté sur l’arroseur arrosé : le patron de webhelp !

Pour Sud, il faut arrêter ces délocalisations !

PDF - 109.1 ko
Centres d’appel : le couac de JP Huchon
Tract

Sud - Contact - Informations légales - Aide - Publication des comptes annuels