Les plans sociaux des opérateurs au secours des dividendes

mercredi 4 juillet 2012 par Philippe

Communiqué de la fédération SUD-PTT

L'alibi du « low cost »

SFR et Bouygues ont donc opportunément décidé d’annoncer ensemble des suppressions d’emploi, en jurant que cette situation est due à l’arrivée de Free Mobile avec ses tarifs « low cost », ainsi qu’aux obligations rapides d’investissements lourds dans les réseaux haut débit.

Pourtant, depuis des années, la politique de mise en concurrence menée par l’Arcep et la commission européenne a freiné les investissements dans les réseaux haut débit. Depuis des années, le modèle économique des opérateurs est mis à mal par la nouvelle économie de l’internet et l’apparition des géants comme Google, Facebook et Apple... Depuis des années, le credo des opérateurs français a été de privilégier une politique économique à courte vue pour « dégager du cash-flow », garantir des dividendes vertigineux (15,5 Mds à France Télécom et 5,7 à Vivendi en 4 ans) et pratiquer la croissance externe comme seule résistance à l’érosion des chiffres d’affaire.

La crise du secteur ne se résume pas à l’arrivée de Free, elle est le résultat d’une politique délibérée des opérateurs et des politiques publiques dans les télécoms.

Les salarié-es encore sacrifié-es

Alors que la masse salariale est réduite dans les opérateurs de télécoms, c’est encore sur cette « variable d’ajustement »que devrait se résoudre la crise !

Les estimations de 10 à 60.000 suppressions d’emplois circulent. Les premières victimes sont les salarié-es des centres d’appel et de la sous-traitance.

Aujourd’hui, ce sont les opérateurs qui menacent : Bouygues prévoit environ 600 départs volontaires et 1 milliard d’économie, tandis qu’à SFR, les estimations vont de 800 à 1.200 suppressions d’emplois. SFR précisera son plan en novembre sans doute sous la forme d’un plan de départs volontaires. Du coté de France Télécom Orange, les prévisions sont à la baisse avec l’augmentation de la sous-traitance et la chute des recrutements dès 2013, soit plusieurs milliers d’emplois supprimés par an !

On peut certes comparer ces chiffres aux quelques 1.000 emplois directs créés à Free Mobile cette dernière année. Mais encore une fois, ces suppressions d’emploi sont avant tout la conséquence d’une politique boursière, de baisse des coûts salariaux avec un accroissement de la sous-traitance et des délocalisations.

Il faut une nouvelle politique dans les télécoms

La situation du secteur télécom est grave et la fédération SUD, au delà des effets d’annonces, souhaite une rupture dans la politique actuelle. Elle renouvelle sa demande d’une conférence nationale sur le secteur, comme elle l’avait fait en rencontrant Fleur Pellerin, ministre de l’économie numérique : il faut redéfinir la politique publique de réglementation, clarifier les obligations des entreprises sur l’emploi, la sous-traitance et l’investissement, garantir des services de qualité et au meilleur coût pour les populations.

La fédération SUD dénonce les plans sociaux prévus. Il faut prendre des mesures pour que le « changement soit maintenant » : l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits serait déjà un pas dans ce sens !


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