Teleperformance fait de nouveau face à la Justice et organise sa propre répression

mercredi 10 février 2010 par Philippe

La société Teleperformance France est la filiale française du groupe Teleperformance qui coordonne les centres de contacts de France, de Tunisie (et bientôt du Maroc), dans lesquels sont traités les appels téléphoniques, courriers et e-mails des consommateurs français.

Ce jeudi 11 février 2010 à 14h, ses avocats devront de nouveau plaider devant le Tribunal de Grande Instance de Paris pour que cette filiale du leader mondial du secteur se voie autorisée la mise en oeuvre de cette restructuration entraînant la disparition de près de 600 emplois et le démantèlement complet des assistances techniques et commerciales assurées pour la marque Orange de France Telecom en Ile de France.
Un projet déjà suspendu par la Justice en référé le 22 septembre dernier, et dont le Comité d’Établissement de Teleperformance Centre-Est, soutenu par les syndicats SUD et CGT, demande cette fois-ci l’annulation pure et simple en référé. Suite à la signature par 4 syndicats (CFE-CGC, CFDT, CFTC et FO) d’un accord instituant des départs dits « volontaires », Teleperformance prétend que le problème est réglé… Mais quelle valeur accorder à cet « appel au volontariat » alors que les salariés en question verraient leurs centres fermer et resteraient sous la menace de mobilités forcées de plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres s’ils veulent conserver leur emploi ?
La Justice devra nécessairement se prononcer, car on ne peut laisser un tel Groupe - présenté comme une « success-story » à la française avec sa croissance continue depuis 30 ans et ses millions de bénéfices - traiter la Loi et ses propres travailleurs avec si peu de respect.

Le même jour, dès 10h, au siège de la filiale Teleperformance Centre-Est, à Guyancourt (Yvelines), 3 militants syndicaux sont convoqués pour des entretiens préalables au licenciement (EPL).
Pour Teleperformance, la cause est entendue : suite aux débordements qui ont eu lieu le 1er février dernier au siège du Groupe à Paris, la société a porté plainte pour « dégradation de biens privés », mais elle n’entend pas attendre que la Police ait pu mener son enquête pour établir les responsabilités de chacun. Au mépris de la présomption d’innocence, l’entreprise compte bien procéder à sa propre répression. Elle a même d’ores et déjà convoqué le Comité d’Établissement le lendemain à 14h pour obtenir un avis sur leur licenciement invoquant leur « participation directe et active aux faits de dégradation » avant même d’avoir pu rencontrer ces salariés, d’avoir entendu leurs arguments et que soit établie la réalité des faits.
Alors que son projet, légalement douteux, est de nouveau attaqué devant les tribunaux, Teleperformance entend faire payer à ces salariés et syndicalistes leur participation active – dans la rue comme sur Internet - au mouvement social qui s’oppose à son projet de destruction d’emplois depuis bientôt 8 mois.

La fédération SUD-PTT constate que Teleperformance démontre, plus que jamais aujourd’hui, ce que veut vraiment dire « être un patron-voyou ».
La fédération SUD-PTT appelle ce jeudi 11 février à une manifestation de soutien à nos collègues présumés coupables, dès le matin 9h30 à Guyancourt (Rond Point des Saules) dans les Yvelines.


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