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Le vote SUD : pour que ça change à France Télécom Orange

19 janvier 2009

Aujourd’hui, le groupe France Télécom affiche sa prétention d’aller « plus loin ensemble ». Mais nous pouvons craindre de n’être pas « plus loin - tous - ensemble », nombre d’entre nous pouvant rester sur le bord du chemin.

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Alors que les entreprises de télécommunications sont en pleine croissance, France Télécom connaît depuis plus de dix ans une situation sociale des plus tendue : des restructurations massives s’enchaînent, avec un véritable jeu de massacre dans les services.

Près des trois quarts d’entre nous ont changé plusieurs fois de métier, d’établissement, de site...
Ces restructurations étaient-elles justifiées ? On peut en douter tellement les orientations de la direction ont changé, avec des plans souvent contradictoires. Sa ligne de fond a été de baisser les emplois et la masse salariale, elle n’a cessé de réduire drastiquement les coûts sur notre dos. Parallèlement, les seuls messages positifs de la direction n’ont été donnés qu’aux investisseurs et aux marchés financiers, le regard fixé sur le cours de l’action. Pour Sud, il faut sortir de cette logique financière !

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Au moment où des milliards sont donnés pour renflouer les responsables de la crise financière mondiale, nous refusons plus que jamais toute baisse de la participation de l’Etat qui doit au contraire augmenter sa garantie et son engagement. Dans le tourbillon de la Bourse, nous exigeons aussi une totale transparence sur la composition du capital de l’entreprise et son évolution : les risques de rachat par des fonds de pension sont réels ! Pour nous, les télécoms doivent s’insérer dans un service public à l’échelle européenne, sur la base d’une coopération des opérateurs. C’est dans ce cadre que s’inscrit notre revendication de renationalisation de tout le secteur des télécoms. L’avenir, c’est la définition d’un projet industriel qui réponde aux exigences des usagers : aménagement du territoire, égalité d’accès, politique tarifaire claire et au meilleur prix... Le service public des réseaux doit aussi enrichir son contenu pour servir une communication citoyenne : diffusion de l’image, de la voix, des données. Le grand défi est bien la convergence entre « les réseaux et les contenus ». C’est pourquoi nous souhaitons un grand débat avec le public et tous les « acteurs » de la presse, de la culture, des services... en bref, ceux qui ont leur mot à dire pour que notre avenir ne soit pas seulement déterminé par des intérêts mercantiles.

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Depuis l’ouverture du capital en 1996, 65.000 emplois ont été perdus dont 22.000 entre 2006 et 2008, dans tous les secteurs, avec brutalité et cynisme, sans aucune possibilité de négociation. Le nouvel échec en 2008 des négociations obligatoires sur la gestion des emplois montre à quel point la direction passe en force contre l’ensemble des syndicats.
Parallèlement, Sud n’a cessé de dénoncer le développement de la sous-traitance : aujourd’hui, la direction avoue 25.000 emplois sous-traités !
Sud se bat pour l’embauche des salariés sous-traitants, pour soulager les services. Nous exigeons des emplois de proximité, de qualité, avec des formations indispensables ! Nous voulons aussi pouvoir partir à 55 ans dans les conditions du CFC !

Le pouvoir d’achat baisse régulièrement au fil des hausses des prix. Fonctionnaires ou salariés de droit privé, cadres, ingénieurs, employés et techniciens, tous et toutes, sont soumis à une politique salariale qui promet des ponts d’or à une minorité et la baisse de pouvoir d’achat pour la majorité.
Sud revendique un changement radical de politique salariale, en refusant l’individualisation des salaires, en exigeant des mesures générales contre la hausse des prix, pour les bas-salaires et contre les discriminations. C’est aussi toute la politique des carrières à France Télécom-Orange qu’il faut changer, en rétablissant une politique d’avancement, la validation des qualifications acquises sur le poste de travail, l’ouverture de promotions transparentes.

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La richesse d’une entreprise, c’est aussi son personnel. Il est inacceptable qu’une entreprise qui dégage autant de profit investisse si peu dans les conditions de travail. L’arrêt des restructurations destructrices est une nécessité, c’est d’ailleurs la cause principale de dégradation des conditions de travail.
Il faut maintenir les sites jusque dans les zones rurales et engager un plan d’amélioration des conditions de travail. L’amélioration des conditions de travail, c’est aussi l’arrêt de la gestion par le stress, des pressions individuelles avec les entretiens d’évaluation, des changements de métier et des mobilités géographiques !
Le rôle et la compétence des élus dans les CHSCT sont décisifs et Sud y consacre une attention très importante !

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Sud a toujours défendu la nécéssité de l’unité syndicale contre les plans de la direction. Lorsque cette unité se réalise, sans faux-semblant, le personnel a toujours été disponible.
Nous avons défendu l’idée d’une mobilisation des syndicats et des élu-es contre la souffrance au travail avec la création d’un Observatoire du stress et des mobilités forcées.
Nous avons défendu le principe d’une mobilisation et d’une manifestation nationale unitaire, contre les fermetures de sites et contre les 22.000 suppressions d’emplois.

Chaque syndicat a son identité et son histoire que nous respectons. Cela n’est un obstacle à l’unité quand il faut se mobiliser. Mais chacun a constaté la difficulté à mettre autour d’une même table les fédérations syndicales.
Le monde syndical de France Télécom a-t-il baissé les bras ?
Est-il devenu si étranger aux préoccupations du personnel ?

Pour nous, le syndicalisme doit être un contre-pouvoir, face à la direction, capable de négocier, mais surtout capable d’imposer un rapport de force ! On ne gagnera rien si nous ne restons pas debouts, tous et toutes ensemble.

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